Zum Seiteninhalt springen Zur Navigation springen

Covid-19: Wichtige Informationen zu unseren Konzerten, weitere Infos

09. März 2013

Monty Alexander: l’enfant gâté du jazz

von Philharmonie Luxemburg

 

None

Certaines personnes respirent tellement le bonheur et la joie de vivre que c’en devient indécent. Et si, par-dessus le marché, ils sont les premiers de la classe, on frise carrément l’apoplexie ! C’est le cas du pianiste de jazz Monty Alexander qui se produira ce jeudi 14 avril au Grand Auditorium de la Philharmonie dans le cadre du cycle « Jazz & Beyond ».

Bernard Montgomery Alexander est né sous le signe de la chance et de la réussite. Il voit le jour à Kingston, la capitale de la Jamaïque, le 6 juin 1944, le jour J du débarquement allié en Normandie (cela commence bien !). Très vite, le petit Monty s’initie à la musique. Dès l’âge de 4 ans, il pianote déjà des airs de calypso et de boogie. Il reçoit ses premières leçons de piano classique à six ans. En 1956, c’est le déclic. Un soir de concert, il serre la main de Louis Armstrong. « Le lendemain, mon père m’achetait une trompette ! » C’est décidé, Monty jouera du jazz ou rien. A seize ans, à un âge où la plupart d’entre nous ont commencé à s’intéresser de très près au sexe opposé, il dirige l’orchestre Monty and the Cyclones avec lequel il se produit dans les clubs de Kingston.

 

 

De Sinatra… à Bob Marley

A la fin de l’année 1961, il part s’installer avec ses parents aux Etats-Unis. Moins de deux ans plus tard, alors qu’il joue à Las Vegas, le jeune pianiste est remarqué par Jilly Rizzo, un patron de club new-yorkais, et par un de ses amis… Frank Sinatra. Inutile de vous raconter la suite dans les détails, tant le parcours de ce surdoué ressemble au scénario d’un film hollywoodien. Monty est engagé par Jilly Rizzo, accompagne Sinatra et d’autres chanteurs et se lie d’amitié avec deux géants du jazz de l’époque, le vibraphoniste Milt Jackson et le contrebassiste Ray Brown. Les albums, puis les tournées s’enchaînent : aux Etats-Unis d’abord, en Europe ensuite. On le compare au grand Oscar Peterson, dont il a la technique brillante et le jeu ferme et vif. Au fil du temps, il développe un style qui lui est propre où l’on retrouve tous les parfums et les couleurs du jazz : du swing au bebop en passant par le latin jazz, le mainstream et les musiques colorées aux accents des Caraïbes. Monty peut tout jouer et il le fait à chaque fois avec émotion, intelligence, humour et sensibilité.

En  1987, il se paie le luxe de participer à la bande son du film Bird de Clint Eastwood consacré à la vie du saxophoniste Charlie Parker. En 1991, il épaulera Nathalie Cole, la fille d’une de ses idoles, Nat King Cole, pour l’enregistrement d’un album-hommage à son père Unforgettable qui raflera sept Grammy Awards. Il parvient même en 2005 à réunir les deux univers musicaux qu’il chérit le plus, le jazz et le reggae, en enregistrant Concrete Jungle qui reprend douze compositions de Bob Marley. Au total, Monty Alexander aura enregistré plus de 70 disques en 50 ans de carrière avec des noms aussi prestigieux que Dizzy Gillespie, Clark Terry, Sonny Rollins, Sly Dunbar, Robbie Shakespeare et Quincy Jones.

Une véritable route dorée

Ben oui, je sais, c’est une véritable route dorée sans aucun échec et sans aucune désillusion. Même l’âge ne semble pas avoir d’effet sur ce touche-à-tout de génie. « Je vais sur mes 19 ans », a-t-il plaisanté un jour lors d’une interview. « Quand je me produis sur scène, je joue la vie, ma vie ». En 2011, programmé au festival d’été Jazz in Marciac en France, en première partie de Wynton Marsalis, son cadet de 17 ans, le pianiste aux cheveux cendrés casse tout par son impétuosité et sa générosité et vole la vedette au trompettiste de la Nouvelle-Orléans. Celui-ci aura beau s’échiner, un tiers de la salle ne reviendra pas pour lui.

Et ce n’est pas tout : malgré tous les honneurs – il reçoit du gouvernement jamaïcain en 2000 le titre honorifique de Commander of Distinction -, malgré tous ses succès, l’homme a su rester simple et disponible. Il aime les gens et est à l’écoute de son public. « Si rien ne vient m'enquiquiner pendant le spectacle, je ne me contrôle plus, j'oublie le contexte : je donne tout », confie-t-il un jour au journal Libération. Et de poursuivre un peu plus loin : "Franchement, les salariés qui ont bossé toute la journée, qui ont dépensé le montant du concert, le minimum c'est de les voir ressortir avec la banane, non?"

Il est décidément parfait, ce Monty, un peu trop parfait même.