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10 March 2020

Justarrived@OPL – Arthur Stockel

von Saskia Müller-Bastian

Comment avez-vous entendu parler de l’OPL pour la première fois?

Je connaissais bien Ryoko, qui est violoniste ici à l’OPL depuis presque trois ans, et qui était à Mulhouse avant. Quand le concours de clarinette solo à l’OPL s’est présenté, elle m’a tout de suite dit: «Arthur, il faut absolument que tu passes ce concours». La première fois que j’ai entendu un concert de l’OPL, c’était à Paris lors du Rigoletto au Théâtre des Champs-Élysées en 2018. Ryoko m’a très gentiment offert pour mon anniversaire un billet pour ce concert, j’avais une super place et c’était une excellente soirée. En plus, c’était Gustavo qui dirigeait. J’ai vraiment beaucoup apprécié! C’était en octobre, juste quelques semaines avant le concours. Après, j’ai commencé à travailler comme un fou – et voilà!

Quelle était votre relation à l’Orchestre Symphonique de Mulhouse, en étiez-vous membre?

Je n’étais pas membre, mais j’ai tout de même un lien très fort avec l’orchestre. Mon ancien professeur y était Clarinette Solo, je suis donc allé à tous leurs concerts dès l’âge de 10 ans. J’y ai aussi fait mes premiers pas dans un orchestre en tant que supplémentaire et c’est là que j’ai rencontré Ryoko, qui y était violoniste avant d’intégrer l’OPL.

Y a-t-il eu un moment particulièrement émouvant ou spécial pendant votre période d’essai à l’OPL?

Il y a eu beaucoup de très beaux concerts! J’ai eu la chance de faire beaucoup de tournées pendant ma période d’essai et j’ai pu ainsi tisser assez rapidement des liens forts avec les collègues. Le concert à Athènes par exemple était vraiment un moment inoubliable, ou à Buenos Aires, au Teatro Colón, on a passé des beaux moments ensemble. Le Paulus, qu’on a joué d’abord à Luxembourg puis à Stuttgart, était aussi un concert que j’ai beaucoup apprécié. Là, même si je suis maintenant titulaire, je sors de la semaine avec Daniel Harding et rien que le concert du 27 mars… wow – des sensations incroyables!

Des artistes ou professeurs vous ont-ils particulièrement marqué lors de votre parcours?

Mon dernier professeur m’a vraiment beaucoup influencé: Pascal Moraguès, membre de l’Orchestre de Paris et qui est pour moi un des plus beaux clarinettistes français. À chaque fois que je l’entends jouer dans l’orchestre, que je joue à ses côtés – c’est presque une leçon de clarinette. C’était génial! En ce moment, j’écoute des enregistrements anciens de violonistes ou de violoncellistes, Jascha Heifetz ou Daniil Chafran par exemple. Je trouve qu’on peut beaucoup s’en inspirer.

S’en inspirer comment?

En termes de couleurs et de sonorité, ou de choses semblables, parce que la situation a beaucoup évolué, les instruments aussi. C’est pour ça que je trouve les grands musiciens du siècle passé très inspirants. Et à part Pascal Moraguès, je n’écoute pas tant de clarinettistes que ça. Je joue déjà beaucoup de clarinette pendant ma journée et je pense qu’on a plus intérêt à s’inspirer de flûtistes, de hautboïstes, de violonistes, de violoncellistes, de cornistes même, comme Stefan Dohr avec qui j’ai eu l’occasion de jouer il y a quelques années. C’est incroyable de jouer en présence de ce genre d’artistes.

Pourquoi avoir choisi la clarinette à vos débuts?

Mes parents connaissaient le professeur de clarinette, un ami de la famille, qui était en même temps le chef d’orchestre de l’harmonie de ma petite ville. Vu qu’il était vraiment très sympathique et pédagogue, j’ai commencé la clarinette.

Donc c’était moins un choix qu’un hasard?

Au début, ce n’était pas forcément une attirance pour l’instrument, j’ai fait de la clarinette pour rentrer dans l’harmonie, mais après, je m’y suis très vite attaché.

Avez-vous un conseil à donner à des musiciens qui commencent leur période d’essai?

En général, je n’ai pas changé de mode de fonctionnement en période d’essai. Benjamin m’a donné quelques conseils quand je suis entré dans l’orchestre: toujours être à l’heure, toujours être gentil et sympa. Et à part ça, juste essayer de bien s’entendre avec ses collègues et être naturel. Et bien sûr préparer sa série, mais ça c’est évident.

Vous rappelez-vous encore des pièces que vous avez jouées pendant votre concours pour rentrer ici à l’orchestre?

Le programme de ce concours était inhabituel. Souvent, on joue le concerto de Mozart par exemple, et là on a dû jouer le Concerto pour clarinette de Jean Françaix. C’est un concerto assez technique et on voit très vite si le clarinettiste est capable de le jouer ou pas. J’ai donc fait un énorme travail de préparation sur ce concerto, il ne fallait vraiment pas se rater dans les trente premières secondes. Et il faut que ça soit beau, très «perlé». Pour les traits d’orchestre, j’ai dû jouer le solo dans le deuxième mouvement de la Sixième Symphonie de Beethoven. C’est incroyable, magnifique! Après, il y avait l’ouverture de Semiramide de Rossini qu’on a aussi joué lors du «Neijoersconcert» cette année. C’était drôle de jouer en concert une pièce qui faisait partie du concours. Le concert était en plus justement une semaine avant le vote. Je me suis donc dit que ce n’était pas le moment de se rater. Mais c’était bien de l’avoir déjà travaillé pour le concours, comme ça je savais à quoi m’attendre.

Connaissiez-vous le Luxembourg avant d’intégrer l’orchestre?

Oui, en fait mon père est originaire de Thionville. Je suis Alsacien, mais une partie de ma famille vient de Lorraine. Je passais mes vacances à Thionville quand j’étais petit et on allait souvent au Luxembourg. Je sais que mon papa a plusieurs fois fait le tour du Luxembourg à vélo. Comme c’est joli ici, nous sommes souvent allés nous balader à Luxembourg. Mais c’était il y a très longtemps, jusqu’à mes 6 ans environ, après toute ma famille est allée vivre en Alsace.

Qu’est-ce que ça vous fait d’être installé à Luxembourg maintenant?

C’est rigolo, ma grand-mère n’arrête pas de me reparler du Luxembourg. Je l’avais visité quand j’étais tout petit et après je l’avais totalement oublié. Pour moi, c’était la ville de ma grand-mère. Maintenant j’y suis avec plein de jeunes et c’est super!